Vacarme 68 / Cahier

quelle honte êtes-vous ? 12 questions et 4 profils pour la mettre derrière soi

par

1. Votre image ?
A. Est une construction.
B. Sous contrôle.
C. Collée dans un album Panini.
D. Vous colle à la peau.

2. Avec vous il y a toujours ?
A. Un reproche.
B. De la gêne.
C. Du plaisir.
D. Une imposture.

3. Vous cachez ?
A. Votre joie.
B. Votre jeu.
C. La vérité.
D. Mais cela vous échappe.

4. Vous trouvez l’amour ?
A. Hors des sentiers battus.
B. De dos, ce n’est pas facile.
C. Vous lui offrez des fleurs.
D. Et ne savez pas comment lui plaire.

5. Vous échangez ?
A. Des promesses.
B. Des souvenirs.
C. Des clins d’œil.
D. Des pirouettes.

6. Au bruit vous préférez ?
A. Le silence.
B. La fuite.
C. Les confidences.
D. Rien n’y fait vous poussez des petits cris.

7. Le vrai scandale c’est ?
A. La mort.
B. Les regrets.
C. Pas vuE pas prisE.
D. La mauvaise éducation.

8. Il y a d’autres sentiments que la honte et la fierté. Comme ?
A. L’impuissance.
B. L’insensibilité.
C. L’insécurité.
D. L’indifférence.

9. Vous avez du goût mais surtout pour ?
A. Les morsures.
B. La mesure.
C. La bonne littérature.
D. Sa belle figure.

10. Votre anatomie parle ?
A. Vous rougissez.
B. Elle déborde surtout.
C. Elle déborde sur tout.
D. Mais personne ne le sait.

11. C’était presque rien, mais cela vous a ?
A. SubmergéE.
B. DésarméE.
C. EnivréE.
D. HumiliéE.

12. Votre type de peau ?
A. Sensible.
B. Marqué.
C. Ciblé.
D. Se réduit au chagrin.

Résultats

1. A  ▲ B ◆ C ◼︎ D ●
2. A ◼︎ B  ◆ C  ● D ▲
3. A  ◆ B ● C ▲ D ◼︎
4. A ◆ B ▲ C ◼︎ D ●
5. A  ● B ◼︎ C ▲ D ◆
6. A ▲ B ◆ C ◼︎ D ●
7. A ▲ B ● C ◆ D ◼︎
8. A ◼︎ B ◆ C ▲ D ●
9. A ◼︎ B ▲ C ◆ D ●
10. A  ◆ B ● C ◼︎ D ▲
11. A ● B ◆ C ◼︎ D ▲
12. A ◼︎ B ◆ C ▲ D ●

Faites les comptes, vous êtes

Une majorité de ●

Vous êtes la honte de la société

On vous envisage, dévisage, comme une fille/un garçon que vous n’êtes pas. Forçant le trait, créant les différences qui vous mettent de côté, vous contraignant à des stratégies d’obscurité. Vous avez connu les longues routes bordées de peur, les chemins de traverse où vous baissiez la tête, les autoroutes où vous vous mettiez en danger. Pour autant c’est dans vos identités que vous puisez force et puissance, vous obstinant à chercher la sortie de ce labyrinthe oppressif en déjouant les solitudes, lâchetés et violences, pour savourer les joies des solidarités, résistances et tendres attachements. C’est dans un entre-soi libérateur, protecteur et tout autant accueillant que vos blessures peuvent enfin se refermer. Au final, vous faites face, vous montrant dans tous vos états, quoi qu’on en dise, brisant le cercle épuisant des renoncements, prêtE à accueillir la chaleur des beaux jours.

Une majorité de ◆

Vous êtes la honte de votre famille

Au fond de vous, il y a toujours la mémoire des avanies, où pour toute justification il y avait votre devenir et le nom que vous recevez en héritage. Dans ces violentes attentes, au creux de leur affection, vous avez essayé de justifier votre existence, tendant l’autre joue, essayant de combiner leurs souhaits aux vôtres. Acceptant des compromis qui construisent la distance dans le pseudo réconfort de la morale érigée comme unique voix possible pour être au monde. Mais il y a des limites à tout. Qui sont atteintes par l’affirmation de vos désirs où vous n’en pourrez plus de simuler qu’être vous n’est pas une bonne idée. Vous choisirez alors les facettes riantes des libres choix de vies, tournant le dos aux sonores rappels à l’ordre. Cela ne se fera pas sans tourments, pertes et fracas. Mais si vous prenez le risque de trouver porte close, vous voir jeter aux orties, il y a malgré tout la possibilité de belles surprises.

Une majorité de ◼︎

Vous êtes la honte de l’amour ravalé

L’ivresse des premiers moments, le désir des premiers instants. Tout semblait évident, de la dimension physique à l’échange sincère des racines. Et puis il y a les petits accrocs, mis de côté, qui disent la réalité de la relation. Mais c’est trop dur, vous n’arrivez pas à vous raisonner, elle/il a pris une place impossible à laisser vacante. Il y a l’espoir que les déséquilibres ne soient que dans votre tête. Que cela ait été une aventure ou la rupture de folles promesses, cela glisse entre vos doigts de la plus atroce des façons, liée à vos actions, où vous faites exactement ce qu’il ne faut pas faire, dire. Réussissant la prouesse d’être blesséE doublement face à sa poitrine où bat son coeur désormais inaccessible. Vous vous en relevez en vous acceptant sans comparaison, à l’orée de beaux paysages. Car ce qu’on retient avant tout de vous c’est que vous êtes une reine, même si c’est des pommes.

Une majorité de ▲

Vous êtes la honte de vos amiEs

L’utopie des liens choisis, depuis l’enfance et à nouveau à chaque nouvelle rencontre, fait de vos proches l’arc-en-ciel qui emmène dans la course contre la montre vers la réalisation de soi, de ses ambitions et rêves. Vous pouvez vous reposer sur elles/eux dans les moments fragiles et ceux qui ressemblent aux joies qui allument une vie en la changeant radicalement. Avec ces affinités électives vous pouvez visiter tous les territoires, car on assure vos arrières. Dans ce cercle de partage, vous êtes vous-même sans négociation. Mais avec les aléas, des évolutions, des approches excessives ou d’autres enjeux non-dits, vous lassez. De ces petits malaises viennent la distanciation des liens ou vous n’êtes plus sortable, où l’on ne vous prend plus par la main. Pour recréer l’alchimie, où les paroles font leur chemin, vous aurez à cultiver par de beaux présents les belles absentes de votre quotidien.

Post-scriptum

Rachel Easterman-Ulmann est une fée variant les plaisirs de l’existence entre le militantisme, l’art, la poésie et la mode. http://rachel-easterman-ulmann.blog... & http://roseisaroserebelle.blogspot.fr