Vacarme 88 / Cahier

filmer ces fils qui tiennent les gens ensemble entretien avec Alessandra Celesia

filmer ces fils qui tiennent les gens ensemble

Maxence Voiseux est un jeune cinéaste. Au travers d’une série d’entretiens [1], il sonde ce qui peut être dit du documentaire. Il interroge ainsi les termes de cette « profession » à un moment où elle change profondément et où lui-même s’apprête à l’embrasser. C’est un choix qui ne se fait pas à la légère tant il y a là une pratique qui engage souvent toute une vie, un mode d’existence et qui s’inscrit à l’intersection de plusieurs industries, de plusieurs champs, de plusieurs marchés : le cinéma, l’audiovisuel, l’art contemporain et le web, mais aussi la dramaturgie et les arts vivants. Pour ce second épisode, c’est avec Alessandra Celesia, auteure de films documentaires où domine une parole intime de ses personnages, que la conversation s’est engagée.

D’abord, pourquoi être venue étudier en France ?

Je viens d’une petite région frontalière du nord de l’Italie, ouverte sur la montagne et dont on fait rapidement le tour. La France, c’est un choix naturel pour les gens originaires d’Aoste. À l’aube de mes 18 ans j’avais juste envie de découvrir le monde, de vivre dans une plus grande ville. Quand on vit à Aoste, il y a deux solutions pour aller étudier la comédie : Rome où je n’avais pas très envie de vivre ; ou Paris, où je suis finalement arrivée. Je voulais vraiment découvrir le théâtre mais je n’avais pas l’ambition de devenir professionnelle. Je voulais simplement apprendre à jouer et me nourrir de théâtre. Je me suis inscrite à l’école Jacques Lecocq, qui m’a parue immédiatement un endroit idéal de recherches et d’expérimentations.

Comment le glissement de la comédie vers la réalisation s’est-il opéré ?

De manière très banale ! J’étais enceinte de ma première fille et je n’ai pas pu partir en tournée. Je me suis retrouvée bloquée tout un été, me disant qu’il fallait que je m’occupe pour ne pas devenir folle. Avec quelques amis on a commencé à filmer dans les jardins potagers de la ville. Au départ ce n’était qu’une occupation puis peu à peu c’est devenu mon premier film, Orti. Je me suis rendue compte que le pas à franchir pour se dire « réalisatrice » était plus facile que ce que j’avais imaginé. Je découvrais qu’être documentariste consistait dans un premier temps à se confronter au réel puis à le restituer. Mais en réalité, c’est plus complexe : il y a des vraies personnes qu’il faut transformer en personnages, des situations qui doivent être fabriquées comme des scènes. Ce passage à la réalisation a été comme une évidence pour moi, comme si ce que j’avais appris pour le théâtre pouvait me guider dans l’aventure filmée.

L’intégralité de cet article est actuellement disponible dans l’édition imprimée de Vacarme 88. Pour vous procurer un exemplaire, Vacarme est disponible en librairies, en ligne et sur Cairn.info.

Post-scriptum

Cet entretien, réalisé par Maxence Voiseux, est adapté d’une émission diffusée sur Radio Campus le 19 décembre 2016.

Photo en tête d’article extraite du Bleu miraculeux d’Alessandra Celesia ((2017).

Notes

[1Cette série a été initiée dans Vacarme 85, automne 2018, [vacarme.org/3196].