Vacarme 07

hiver 1999

Vacarme 07

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Minorités

le yiddish, une langue pour territoire

enquête réalisée par Jean-Philippe Renouard

avant-propos

par

« Mon père m’embêtait pour que je lise Zola, surtout Germinal, en yiddish. Je lui expliquais que je pouvais très bien le lire en français. Mais lui invariablement répondait : « Tu ne peux pas savoir combien c’est mieux en yiddish. » Il en était intimement persuadé. » Jacqueline Gluckstein
« Quand les Juifs partent, ils emportent leur idéologie à la semelle de leurs souliers. Les ouvriers bundistes ont emporté un peu du Bund et du désir de yiddishkeit. Ce sont des ouvriers et des artisans juifs bundistes (...) Lire 

chapitre I : les armoires volantes

Les grandes bibliothèques yiddish d’Europe ont été victimes des autodafés nazis. Tout un pan de la culture yiddish, celui des livres, de la littérature, a failli disparaître à jamais. Voilà pourquoi il convient de commencer cette histoire de résistance par l’histoire d’une bibliothèque, la Bibliothèque Medem.
LE SANCTUAIRE
« On dit que les Juifs sont le peuple du Livre. Nous, nous étions plutôt le peuple des livres. C’était le culte de la culture. » Jacqueline Gluckstein
En 1928, ils sont sept immigrants (...) Lire 

chapitre II : fils et filles de bundistes

LE GAMIN DE LA BUTTE QUI EMBRASSA LA CAUSE DU YIDDISH
Journaliste, historien, ancien président du Centre Medem, diplômé de l’École des Hautes Études en Sciences sociales, Henri Minczeles est spécialiste des communautés juives d’Europe orientale. Il raconte la prise de conscience de son identité juive durant la guerre et comment, plus tard, il a répondu à la question : comment revendiquer une identité juive socialiste, laïque, yiddishiste et diasporique !
PARIS, 1926
« Mon père est arrivé à Paris en (...) Lire 

chapitre III : Yiddish, Yiddishkeit

« Si l’on me demande aujourd’hui : « Faut-il aider les Tziganes (ou les Catalans, les Basques, les Bretons, les Indiens, les Slovènes, les Juifs, les Arméniens...) à survivre en perpétuant et en approfondissant leurs différences ? », je dirai qu’il le faut. Je ne chercherai pas à savoir — car il y a trop de haine et d’arrogance dans une telle curiosité — si ce groupe est un peuple, une nation, une ethnie, une classe, une caste, une secte, un fossile ou un vestige. » Richard Marienstras, Être un peuple en (...) Lire 

chapitre IV : « on ne tire pas sur l’ambulance qui passe. »

Il y a un oncle Moïse qui arrive d’Amérique dans un kibboutz pour rencontrer son petit-fils qu’il n’a jamais vu. Il lui parle dans un hébreu de Pologne et lui demande : explique-moi comment on vit dans un kibboutz. Le petit-fils raconte : on naît, après on va au jardin d’enfants, après à l’école, après à l’armée, après on travaille, après on se marie et on a des enfants, après on devient vieux et on parle yiddish et après on meurt.
RESISTANCES, ENCORE ET TOUJOURS
« ... Je pense qu’il faut pouvoir faire une (...) Lire 

Viva ou le souvenir d’enfance

22 septembre 1998, une terrasse de café place de la Bastille. Viva Apelbaum a vingt ans. À côté de ses études de psychologie, elle apprend, depuis un an, le yiddish au Centre culturel Medem. Cette année, elle approfondit cet enseignement dans un cadre universitaire. Née dans une famille où le yiddish est associé à la Shoah, elle n’a jamais entendu parler la langue dans son enfance.
« C’est drôle, Maman évoquait depuis des années l’envie d’apprendre le yiddish. Mais cela restait de l’ordre du projet. (...) Lire 

transmettre

Le yiddish a-t-il un avenir ? Comme l’explique l’historienne Annette Wieviorka, deux tendances se dessinent parmi les yiddishophones français. D’un côté, ceux qui, à l’instar de Rachel Ertel, estiment qu’après la Shoah, le yiddish est devenu « la langue de l’anéantissement » et qu’il s’agit surtout d’un patrimoine à entretenir. De l’autre, ceux qui, comme Gilles Rozier, Yitzhok Niborski, Jacqueline Gluckstein ou Henri Minczeles, ne croient pas à la fatalité de la fin historique du yiddish comme langue parlée. (...) Lire 

pour une langue bègue

par

I. Le jargon des bonnes femmes
Cela se passe d’abord en Allemagne, puis en Pologne, en Lituanie, en Galicie, en Biélorussie ; on est à la fin du XVIIIe siècle, ou au début du XIXe. Des lettrés ont engagé un combat pour la « régénération » de la société juive. Par là, ils entendent la sortie spirituelle et matérielle du ghetto. Ce sont des rationalistes militants, qui se réclament des Lumières. Le nom qu’on donne à leur mouvement en est la traduction hébraïque littérale : la Haskalah. On les appelle les (...) Lire 

Vacarme 07

Vacarme 07 / hiver 1999

Rédaction en chef Mathieu Potte-Bonneville

Parution le 4 janvier 1999 Édition Vacarme

Pages 132 ISBN 9782915547795

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Diffusion numérique Cairn

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