Vacarme 81 / Cahier

le prince / 4

par

19 mars 2016

David est reparti aux États-Unis. Les amis qui viennent ici portent toujours avec eux ce qui vient de chez eux. Surtout David. Il aime tellement Santiago que ça donne une idée, par contraste, de l’Amérique qu’il habite. Par exemple, il ne neige pas en ce moment à Buffalo, mais tout le long du séjour de David ici, dans cette chaleur parfois terrassante, je pensais à ce lieu où il peut neiger des mois entiers. Ça m’a donné envie de connaître cette ville où il n’y a pratiquement qu’une rue principale, très longue, qui mène d’une université à un musée, où il y a pas mal de bars, et surtout beaucoup de neige, de très longs hivers avant l’arrivée du printemps.

Ce n’est pas le cas ici, il n’y a pas de dégel et il n’y a pas la sensation d’être pris dans le temps, captifs de l’hiver. Il y a la pollution, l’odeur du fioul, la recherche d’un coin de chaleur, l’alternance des journées grises et des journées ensoleillées, mais il n’y a pas de longues, sempiternelles traversées de l’hiver.

David est parti et il m’a apporté — dans ce partage très intense de nos dernières journées d’été — l’idée, la pensée, le désir même d’une ville enneigée.

•••

En tout cas, depuis que je suis rentrée, les parcs sont vides. Hier, il y avait seulement deux petites têtes blondes dans le parc. J’ai pensé que c’était peut-être des enfants d’expat.

Les enfants sont occupés à autre chose à présent. À quoi ?

L’intégralité de cet article est actuellement disponible dans l’édition imprimée de Vacarme 81. Pour vous procurer un exemplaire, Vacarme est disponible en librairies, en ligne, par abonnement et sur Cairn.info.

Post-scriptum

Aïcha Liviana Messina enseigne la philosophie à l’université Diego Portales, Santiago du Chili. Elle est l’auteure de Poser me va si bien, P.O.L, 2005 ; Amour/Argent, Les carnets du portique, 2011, L’anarchie de la paix. Levinas et la philosophie politique, CNRS, à paraître en 2017.