Vacarme 15

printemps 2001

Vacarme 15

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chroniques

au pays des saugrenus

par

Petite, j’étais trop grande. La même taille, la même pointure que maintenant. Ainsi ma vie d’écolière s’écoula-t-elle toujours près du mur au fond de la classe, où j’étais assise, la dernière, pour ne pas gêner la vue des autres, petits, conformes. Sémaphore, on m’appelait. Ou bien alors girafe. Et, de honte, je marchais courbée vers l’avant afin de camoufler ma verticalité en une chose plus horizontale, et depuis lors je reste toujours penchée en avant, telle une pomme de terre, regardant le sol, comme s’il (...) Lire 

collée sur un champignon

par

Collée alors que la saison adéquate pour ce genre d’exercices matinaux tardait encore la protubérance d’un arbre.
S’étant attaché les services de la partie supérieure de ce qui n’était à l’origine qu’une surabondance de vie développée par une humidité hors norme que la saison précédente avait savamment su organiser et qui servait à présent dans des adjonctions particulières pour une alimentation adaptée il devenait exclu que l’on puisse à présent utiliser cet emballage pour conserver la moindre (...) Lire 

peut-être au printemps

par

Le petit Clément s’est beaucoup dépensé. Il a couru, s’est mis presque tout nu s’est sorti d’une demi finale française et est venu en finale dire à Agassi qu’il l’admirait beaucoup. Enfin il a déclaré qu’il aurait bien aimé se payer la Porsche de ses rêves avec les sous de la finale, mais que c’était trop cher alors qu’il achèterait une Ferrari. Le petit Clément. Aux mêmes antipodes, il y a quelques mois, Marie-José Perec décidait de ne pas courir. Elle était belle et elle ne transpirait pas du tout. Elle était (...) Lire 

télévision

par

héros mais c’est une belle idée que je trouve aussi la foudre éclate le ravin sous les yeux mourir et le film est beau monsieur Arn Lee. pdt. des armuriers de la moselle et parmi ces corps la machine solaire j’insiste sur le mot machine il déplace mieux le pied sur une scène merveilleux ce type qui savait du latin henri noisiel. mari d’Annabella déclenchée la progression laisse indifférent bref tu lasses un terrain vague mais tout compris en arrrivant alice (...) Lire 

à une ruine

par

La ligne de fortifications, d’une longueur de huit cents kilomètres, alterne les tours, les ouvrages d’art, et de nombreuses palissades, bigarrées du fait des couleurs dont on crut bon de les recouvrir : jaune de chrome, rouge, bleu presque phosphorescent. Les mâchicoulis sont parfois ouverts jusqu’au sol - ces vaste fentes ont des bords dentelés qui imposent à la vue que l’on en conserve un aspect tremblant.
Ce sont parfois des lacs artificiels munis de pieux enduits de bitume qui portent la (...) Lire 

les lucanes / et si attendre

par

Encore cette procession d’insectes portant chacun une lanterne éteinte et butant sur le même mur. L’un après l’autre... l’ombre se dénature. Leur nom m’échappe. L’abdomen plat et cuirassé s’enfle en ombres chinoises pour former les segments mous d’une chenille, des soies s’y dressent. Puis viennent des pulsations, de loin. Et si attendre éveillait d’autres organes. Des alvéoles s’obstruent, un papier s’y froisse qu’un vide n’en finit pas d’aspirer. Les tuyaux par où il passe sont trop étroits. Était-il écrit (...) Lire 

le cirque d’hiver

par

-* Ne me pardonne pas, ne m’oublie pas.
L’écho rebelle, le vrai cirque d’hiver, qui retenait les mains, maintenait le spectacle : d’éperdus mouvements gymnastiques torsadaient le jeu de leurs corps, leurs séquences nouées ; tous les yeux sont fermés, Raphaël pleure doucement. Tant que le sol fume, la situation est sans appel : face noire, claire, on se croirait presque chez les Lotophages.
Ils avaient rassemblé des planches qu’ils faisaient brûler dans une brouette. La lumière du brasier prolongeait (...) Lire 

« l’oreille est une cloche »

par

Ça a déjà commencé. Dans la nef, les lumières ne sont pas encore éteintes que percent, à travers la rumeur du public, des sons ou plus précisément les résonances d’instruments que l’on aurait joués longtemps avant et dont on percevrait encore les vibrations des dernières notes arpégées. La pénombre s’installe et de la scène nous arrivent par vagues des accords de cordes, de piano et de luth.
Sax et trombone lancent des unissons feutrés. Bugle, clarinette basse et flûte cons- truisent lentement des grilles (...) Lire 

simulacre

par

Je dois dire que j’ai été très impressionnée quand on m’a amené Stan.
Je m’attendais à recevoir un choc. Peut-être allais-je pleurer bêtement, le cœur durci par l’émotion, le corps tout mou autour, avec les jambes comme du coton.
ça a été plus fort que ça. Au-delà de tout ce que je pourrais décrire.
La ressemblance était parfaite. C’était Stan. C’était son sourire, c’était sa voix, c’étaient tous les détails qui font qu’une personne est unique au monde : l’implantation des cheveux, la forme des oreilles, la (...) Lire 

Vacarme 15

Vacarme 15 / printemps 2001

Rédaction en chef Philippe Mangeot

Parution le 2 avril 2001 Édition Vacarme

Pages 116 ISBN 9782915547863

Diffusion en librairies Difpop

Diffusion numérique Cairn

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