Vacarme 15

printemps 2001

Vacarme 15

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Éditorial

un cheval

par

« Quand il s’arrête oh ce cheval-mouvement de la main ou ralentir ralentir son mouvement Demi-ar temps ah arrête oh arrête le cheval temps quand il s’arrête ce cheval oh ralentir » – (« Cheval-mouvement », Olivier Cadiot, Rodolphe Burger)
Les faits, rien que les faits.
1. 3 janvier 1889, Turin. Le philosophe et poète allemand Friedrich Nietzsche est debout, au beau milieu de la chaussée (il va tomber, tout à l’heure, « comme une masse »). Ses yeux sont ailleurs - il pleure - les carrioles font de (...) Lire 

Entretien

Arlette Farge

Chantier

droits d’auteur

droits d’auteur

C’est une actualité déjà ancienne qui nous a poussés à nous intéresser à la question des droits d’auteurs : la bataille des pétitions sur le prêt payant en bibliothèque, le projet Tasca de taxation des disques durs, l’af-faire Napster, les brèches ouvertes par les linuxiens, hacktivistes et autres adeptes du copyleft... À vrai dire, la question n’en était à nos yeux pas vraiment une : le droit d’auteur, c’était entendu, jouait contre nous, contre notre désir d’accès aux œuvres, d’échange, de coopération (...) Lire 

l’art de la crise

par

La lecture de L’Œil du quattrocento de Michael Baxandall(1) fait l’effet d’une réjouissante douche froide. Il y est question des contrats qui lient les peintres du XVème siècle italien, où le client précise le sujet, le délai, la surface peinte et les couleurs exigées. Baxandall décrit, à travers l’évolution de ces contrats, le combat de ces peintres pour faire reconnaître leur manifattura, cette manière par laquelle ils vont poser l’autonomie de leur métier.
En découvrant ces pages, on n’a pas pu (...) Lire 

l’épreuve de droit

par

New York, 1917. Marcel Duchamp se procure un urinoir chez Matt, un drugstore de Manhattan. Sous le pseudonyme de Richard Mutt, il le propose sans succès à une exposition libre de sculpture, après l’avoir intitulé Fountain et renversé, de sorte qu’il soit inutilisable dans sa fonction première. « Certains, écrit-il dans la revue The Blind Man , ont prétendu que c’était du plagiat » ; d’autres ont mis l’accent sur l’absence d’exécution personnelle. Pourtant, « que Mr Mutt ait fabriqué ou non la fontaine de (...) Lire 

enquête d’auteurs

par , , , ,

OLIVIER DUCASTEL, JACQUES MARTINEAU« qui est auteur au cinéma ? »
Jacques Martineau et Olivier Ducastel ont signé à eux deux leurs deux long-métrages, Jeanne et le garçon formidable et Drôle de Félix. Ils préparent actuellement Loup-y-es-tu ? conçu pour et avec les élèves du Théâtre National de Strasbourg.
Revenus. OD : Comme réalisateur, je touche un salaire de technicien, qui permet de bénéficier des droits ASSEDIC. Il s’agit d’une enveloppe forfaitaire qui comprend la préparation, le tournage et la (...) Lire 

beaumarchais de l’art

par

Les sociétés d’auteurs sont ouvertes aux professionnels. Il faut avoir à son actif au moins cinq œuvres diffusées pendant six mois pour adhérer à la Sacem, au moins un livre publié à compte d’éditeur pour être « stagiaire » à la Sgdl (à trois, vous êtes « adhérent », à six « sociétaire »). Les cotisations varient de cent à quelques centaines de francs par an, ce n’est pas de cela que vivent les sociétés d’auteurs. Car à l’exception notable de la Sgdl, qui a abandonné cette tâche aux éditeurs, elles prélèvent, (...) Lire 

l’auteur m’a tuer

par

Soumettre le système des droits d’auteur à la question de son rapport avec les réseaux de pratiques qu’il prétend ordonner, révèle une double inadéquation : il n’est apte à rendre compte ni des modes de production des œuvres, ni des formes de leur réception. Au-delà d’une trituration de concepts qui ne concernerait que des « spécialistes » (juristes ou critiques), il s’agit de comprendre un système idéologique qui discipline la rencontre des œuvres en même temps qu’il nie les conditions matérielles de leur (...) Lire 

arsenal

l’avortement sous expertise

par

Pour mieux comprendre le rôle de l’expertise médicale dans le débat qui s’est récemment ouvert en France sur l’avortement, je voudrais proposer un double éclairage, à partir des travaux que j’ai développés depuis plusieurs années dans deux domaines : d’une part, l’histoire de l’avortement aux États-Unis ; d’autre part, l’histoire du débat sur le PaCS en France. Dans le premier cas, il s’agit bien des médecins, dont je rappellerai le rôle crucial à des tournants dans l’histoire légale, politique et sociale de (...) Lire 

quand l’emploi prime

par

« Le gouvernement signe là une réforme importante qui va maintenant évoluer au fil des ans et devenir un outil central de la modernisation du dispositif de solidarité. [...] Il permet d’instaurer un revenu minimum qui ne soit pas une trappe à chômage comme notre funeste RMI. » (Charles Wyplotz, Libération, 15 janvier 2001)
Comme le veut la tradition socialiste — à chacun selon son travail —, les chômeurs sont exclus de la récente « prime à l’emploi ». La mesure a été largement commentée sans que cette (...) Lire 

radiographie d’une dent creuse

par

On connaît de réputation le despotisme éclairé de Catherine II la Grande (1729-1796). Elle fut tout autant protectrice des philosophes des Lumières et défenderesse jalouse des privilèges de la Noblesse russe ; confidente épistolaire de Diderot et ennemie jurée d’une paysannerie réduite au pire asservissement. Veuve plus ou moins homicide - sur la personne de son mari, le germanophile Pierre III -, elle lui préféra le prince Grigori Alexandrovitch Potemkine, amant de la nouvelle impératrice et éminence (...) Lire 

saudade et révolution

par

« Il nous est difficile de distinguer si c’est notre passé qui est notre futur, ou notre futur notre passé. »Fernando Pessoa
Eduardo Lourenço est l’une des figures intellectuelles majeures du Portugal actuel, auteur de nombreux essais consacrés à Cam’es, Montaigne, Pessoa. Quatre ans après la Révolution des œillets, il fait paraître Psychanalyse mythique du destin portugais, long article repris en 1997 dans Mythologie de la Saudade, où il stigmatise « l’irréalisme permanent de l’image que les Portugais (...) Lire 

Processus

l’atelier absent

par

L’artiste et son atelier, sujet qui ne paraît pas avoir beaucoup intéressé les anciens, ne commence à entrer véritablement dans la peinture occidentale qu’à la fin du 16ème siècle. Mais ce qui frappe dans les premières représentations du genre (par exemple le petit tableau de Rembrandt au Boston Museum of Fine Arts ) est le caractère parfaitement ordonné et vide de l’atelier, qui ne se distingue en rien d’une chambre quelconque.
C’est encore le cas dans le tableau de Kersting qui représente Caspar David (...) Lire 

expression de Titina Maselli

par

Elle est toujours entrée dans la ville, la nuit, ou avec ce qu’il faut de nuit pour ouvrir la ville, tunnel, métro souterrain, ombres tombées de haut dans les puits béants entre les gratte-ciel, intérieurs des bars, stores baissés, épaisseurs entassées des parois, des barres ou des barreaux agencés et rivetés et des corps lancés là-dedans à pleine vitesse et à pleine poignée.
Elle est toujours entrée dans la ville, toujours déjà entrée et toujours en train d’y entrer, non pas comme une qui viendrait du (...) Lire 

le temps de vivre et le temps d’oublier

par

J’ai revu Mahdi et Dani. Ils étaient là, à Épinay. Ils étaient assis autour d’une table et ils fumaient. Ils fumaient des cigarettes qu’ils avaient achetées dans l’avion, la veille, un avion israélien qui venait d’atterrir tout près de Paris, qui venait de se poser tout près d’ici, après être passé tout près de chez moi. Ils avaient l’air fatigué, ils avaient l’air vieux et lointain, l’air de sortir d’un interrogatoire, d’une tempête en pleine mer, l’air de sortir d’une forêt qui brûle. L’air d’avoir fait un (...) Lire 

capitaine crochet

par

Cet hiver, alors que Peter Stein organisait une compétition sportive à 1200 francs la place (l’intégrale du Faust de Goethe), deux mises en scène de Peter Zadek triomphaient à Vienne et à Bobigny : Rosmersholm d’Ibsen à l’Akademietheater et Hamlet de Shakespeare à la MC 93. La coïncidence des faits trahissait ce qu’on soupçonnait depuis longtemps : chez Stein, la vanité d’un théâtre monumental en fin de course, voulant tant signifier qu’il se retrouve vide de sens, célébrant les noces de la « grande culture (...) Lire 

Estrelitta

par

Je commencerai en déclarant d’emblée qu’à la différence de certains écrivains, je suis issu d’une famille dont le commerce principal est l’affabulation, mais dont l’obsession primordiale est la vérité.
La famille de mon père était originaire de Macao, une petite enclave portugaise sur la côte chinoise dotée d’une réputation quelque peu languissante pour ses casinos et ses prostituées sensuelles. Comparée à Hong Kong, sa voisine prospère et énergique, elle n’avait tout simplement pas si bien réussi. Elle est (...) Lire 

Shangai dancing (extrait)

par

Nombre des écrits contemporains sur l’identité et sur les communautés minoritaires se concentrent sur l’acte de mémoire et donc sur le récit d’histoire(s) non-dites ou passées sous silence. Il y a peu, certains intellectuels français ---- on songe ici à Todorov et à ses Abus de la mémoire - ont demandé si certains membres de minorités historiques, étant donné leur histoire d’oppression et leur marginalisation, n’auraient pas le droit d’oublier. Mais l’oubli est-il une stratégie valable pour les minorités ? (...) Lire 

chroniques

au pays des saugrenus

par

Petite, j’étais trop grande. La même taille, la même pointure que maintenant. Ainsi ma vie d’écolière s’écoula-t-elle toujours près du mur au fond de la classe, où j’étais assise, la dernière, pour ne pas gêner la vue des autres, petits, conformes. Sémaphore, on m’appelait. Ou bien alors girafe. Et, de honte, je marchais courbée vers l’avant afin de camoufler ma verticalité en une chose plus horizontale, et depuis lors je reste toujours penchée en avant, telle une pomme de terre, regardant le sol, comme s’il (...) Lire 

collée sur un champignon

par

Collée alors que la saison adéquate pour ce genre d’exercices matinaux tardait encore la protubérance d’un arbre.
S’étant attaché les services de la partie supérieure de ce qui n’était à l’origine qu’une surabondance de vie développée par une humidité hors norme que la saison précédente avait savamment su organiser et qui servait à présent dans des adjonctions particulières pour une alimentation adaptée il devenait exclu que l’on puisse à présent utiliser cet emballage pour conserver la moindre (...) Lire 

peut-être au printemps

par

Le petit Clément s’est beaucoup dépensé. Il a couru, s’est mis presque tout nu s’est sorti d’une demi finale française et est venu en finale dire à Agassi qu’il l’admirait beaucoup. Enfin il a déclaré qu’il aurait bien aimé se payer la Porsche de ses rêves avec les sous de la finale, mais que c’était trop cher alors qu’il achèterait une Ferrari. Le petit Clément. Aux mêmes antipodes, il y a quelques mois, Marie-José Perec décidait de ne pas courir. Elle était belle et elle ne transpirait pas du tout. Elle était (...) Lire 

télévision

par

héros mais c’est une belle idée que je trouve aussi la foudre éclate le ravin sous les yeux mourir et le film est beau monsieur Arn Lee. pdt. des armuriers de la moselle et parmi ces corps la machine solaire j’insiste sur le mot machine il déplace mieux le pied sur une scène merveilleux ce type qui savait du latin henri noisiel. mari d’Annabella déclenchée la progression laisse indifférent bref tu lasses un terrain vague mais tout compris en arrrivant alice (...) Lire 

à une ruine

par

La ligne de fortifications, d’une longueur de huit cents kilomètres, alterne les tours, les ouvrages d’art, et de nombreuses palissades, bigarrées du fait des couleurs dont on crut bon de les recouvrir : jaune de chrome, rouge, bleu presque phosphorescent. Les mâchicoulis sont parfois ouverts jusqu’au sol - ces vaste fentes ont des bords dentelés qui imposent à la vue que l’on en conserve un aspect tremblant.
Ce sont parfois des lacs artificiels munis de pieux enduits de bitume qui portent la (...) Lire 

les lucanes / et si attendre

par

Encore cette procession d’insectes portant chacun une lanterne éteinte et butant sur le même mur. L’un après l’autre... l’ombre se dénature. Leur nom m’échappe. L’abdomen plat et cuirassé s’enfle en ombres chinoises pour former les segments mous d’une chenille, des soies s’y dressent. Puis viennent des pulsations, de loin. Et si attendre éveillait d’autres organes. Des alvéoles s’obstruent, un papier s’y froisse qu’un vide n’en finit pas d’aspirer. Les tuyaux par où il passe sont trop étroits. Était-il écrit (...) Lire 

le cirque d’hiver

par

-* Ne me pardonne pas, ne m’oublie pas.
L’écho rebelle, le vrai cirque d’hiver, qui retenait les mains, maintenait le spectacle : d’éperdus mouvements gymnastiques torsadaient le jeu de leurs corps, leurs séquences nouées ; tous les yeux sont fermés, Raphaël pleure doucement. Tant que le sol fume, la situation est sans appel : face noire, claire, on se croirait presque chez les Lotophages.
Ils avaient rassemblé des planches qu’ils faisaient brûler dans une brouette. La lumière du brasier prolongeait (...) Lire 

« l’oreille est une cloche »

par

Ça a déjà commencé. Dans la nef, les lumières ne sont pas encore éteintes que percent, à travers la rumeur du public, des sons ou plus précisément les résonances d’instruments que l’on aurait joués longtemps avant et dont on percevrait encore les vibrations des dernières notes arpégées. La pénombre s’installe et de la scène nous arrivent par vagues des accords de cordes, de piano et de luth.
Sax et trombone lancent des unissons feutrés. Bugle, clarinette basse et flûte cons- truisent lentement des grilles (...) Lire 

simulacre

par

Je dois dire que j’ai été très impressionnée quand on m’a amené Stan.
Je m’attendais à recevoir un choc. Peut-être allais-je pleurer bêtement, le cœur durci par l’émotion, le corps tout mou autour, avec les jambes comme du coton.
ça a été plus fort que ça. Au-delà de tout ce que je pourrais décrire.
La ressemblance était parfaite. C’était Stan. C’était son sourire, c’était sa voix, c’étaient tous les détails qui font qu’une personne est unique au monde : l’implantation des cheveux, la forme des oreilles, la (...) Lire 

Un lieu

six jours en Israël

six jours en israël

par

Le dossier qui suit est officiellement le résultat de six jours passés fin décembre 2000 en Israël, à toute fin de l’interroger sur ses marges, c’est-à-dire en dehors des grands partis de gouvernement (travaillistes et Likoud). Six jours, ce n’est rien du tout. Tout juste le temps de rencontrer quelques personnes, certaines éblouissantes, mais toutes à peine représentatives d’elles-mêmes, et parmi elles aucun arabe israëlien, aucun Palestinien des territoires occupés, aucun Russe. Vous trouverez (...) Lire 

l’ouvert et le fermé

par

C’est une banalité, mais elle vous ressaisit dès que vous mettez le pied sur le sol d’Israël : la société israélienne apparaît d’emblée comme invraisemblablement ouverte et invraisemblablement fermée.
Ouverture par la diversité de sa population : sépharades, ashkénazes de type oriental, ou nordique, sabra (nés en Palestine avant 1948), Russes, Éthiopiens. Ouverture par ses contrastes sociologiques : d’une rue à l’autre, on passe des religieux barbus aux bourgeois bohêmes, du Tiers-Monde au 51ème État (...) Lire 

Geneviève Berkeley, enseignante au camp de réfugiés palestiniens de Qalendaya

par

Geneviève est une amie gréco-canadienne. Depuis octobre, après deux ans au Liban, elle est chargée par l’UNRWA (l’agence des Nations Unies pour l’aide aux réfugiés en Cisjordanie) de la formation des institutrices palestiniennes du camp de Qalendaya, en Cisjordanie, entre Jérusalem et Ramallah. Plus tard, dans un restaurant juif de Jaffa donnant sur toute la baie de Tel-Aviv, elle éclatera en larmes : « Mais ce n’est pas possible, comment peuvent-ils vivre comme ça, comme si de rien n’était ? À 80 (...) Lire 

Yasmine Halevy, éditrice, sensibilité d’extrême-gauche

par

Jeune femme de trente ans, extrêmement hospitalière et drôle dès que la défiance fut rompue, Yasmine est éditrice, au sens anglo-saxon du terme, spécialisée dans la traduction en hébreu de littérature française. Elle revenait d’un voyage en Cisjordanie où elle était allée apporter, dans un convoi d’une vingtaine de voitures, une aide alimentaire et médicale à un village palestinien près de Naplouse. Elle n’appartient à aucune organisation particulière, mais participe régulièrement à de telles actions.
« Je (...) Lire 

Yehouda Moralli, metteur en scène, enseignant, colon

par

Yehouda Moralli, anciennement Bernard Moralli, est un juif d’Algérie qui a fait Techouva (retour à la religion) et est venu s’installer dans un Yishouv (colonie) de l’aristocratie religieuse, Shalun Avouhot. À 30 km de Jérusalem, c’est-à-dire déjà au cœur de la Cisjordanie. Son accueil fut chaleureux et confiant, et la rencontre tourna autour de son incroyable parcours. Ce n’est pas un colon typique, mais il n’est pas sûr qu’il y en ait. C’est un colon tout court : quelqu’un qui vit dans une colonie (...) Lire 

quatre solutions un peu courtes pour comprendre le conflit israélo-palestinien

par

La gauche française, et plus encore l’extrême-gauche, adore le conflit israélo-palestinien. Elle s’y reconnaît, elle s’y déchire, elle s’y complexifie. Dans tous les cas, elle s’y engage. Du côté palestinien, pour la plupart, et la Palestine apparaît même alors comme la dernière cause et la dernière fidélité, à l’instar de Cuba pour les communistes. Du côté israélien aussi, parfois, pour les derniers sartriens ou pour les derniers traumatisés de la Shoah, et Israël apparaît alors comme la dernière bouée de (...) Lire 

israéliens, encore un effort si vous voulez être sionistes

par

Au nom de quoi un parti politique israélien pourra-t-il faire accepter à une majorité de sa population de payer le coût plancher d’une paix durable avec les Palestiniens, c’est-à-dire le démantèlement de la plupart des colonies, le partage de Jérusalem et une négociation sérieuse sur la question des réfugiés ? Il semble bien que le pragmatisme peu idéologique inauguré par les accords d’Oslo ait montré ses limites avec l’ultime naufrage de Barak. On ne peut pas espérer davantage, à rebours, que le Hadash, (...) Lire 

Tamar Gozanski, députée du Hadash

par

Mme Gozansky est la coqueluche d’innombrables Israéliens... et à peu près personne ne vote pour le Hadash : 80 000 électeurs en 1999, dont deux tiers d’arabes et un tiers de juifs. Des amis qui votent Likoud couvrent de louanges son honnêteté et ses actions humanitaires, avant d’ajouter : « bien entendu, elle est complètement folle ». Voilà le problème : pourtant avisé, lucide et modéré, son discours n’a pas prise sur l’écrasante majorité des Israéliens. La rencontre a tourné autour de la question de l’état (...) Lire 

Meir Buzaglo, universitaire en philosophie à l’université de Jérusalem

par

Spécialiste de Maïmonide et de philosophie analytique, Meir Buzaglo a été de sensibilité d’extrême-gauche au début des années 1970, dans le sillage de son frère engagé plus radicalement encore au Mafpen (groupuscule anti-sioniste dissout pour activités illégales). Il se définit aujourd’hui comme participant du « mainstream » , c’est-à-dire travailliste, avec une sympathie particulière pour certaines positions du Shas. Politiquement et personnellement, il a en effet opéré un retour prononcé au judaïsme (...) Lire 

Vacarme 15

Vacarme 15 / printemps 2001

Rédaction en chef Philippe Mangeot

Parution le 2 avril 2001 Édition Vacarme

Pages 116 ISBN 9782915547863

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